Acca : journée du partage ce 15 août 2010

mardi 24 août 2010
  • Ambiance relaxe dans le parc

L’Acca (Association congolaise de la Côte d’Azur) n’a pas dérogé à la règle commémorative. Encore moins en cette occasion du cinquantenaire des Indépendances en Afrique avec, en fond sonore en France sarkozienne, le refrain des aspects positifs de la colonisation. L’association a invité tout le monde aux Arènes de Cimiez, à un jet de pierre des ruines des thermes grecs, peuple qui colonisa jadis une région qui lui doit sa marque toponymique : Nikaïa.

En ce jour le soleil se lève

Les Congolais de Nice aiment Cimiez et ses arènes. Ils y ont donc célébré les luttes qui permirent, voici cinquante ans, de mettre fin à la colonisation. C’était le 15 août 1960, jour de l’Assomption.

Pleuvra, pleuvra pas… Un demi-siècle plus tard, ce dimanche 15 août 2010, les Congolais comme les Gaulois n’ont qu’une peur : que le ciel ne leur tombe sur la tête. En effet, la veille, en cette période estivale, le temps a fait un de ses caprices classiques : il a beaucoup plu sur Nice. Fort heureusement, le lendemain, le soleil des Indépendances (dirait Hamadou Kourouma) est au rendez-vous ce dimanche.

Comme toutes les fêtes congolaises qui se respectent, la journée du partage commence avec un important retard. Mais il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Toute logistique d’envergure, ça prend du temps. Ceci expliquant cela, pour les cinquante ans de la République, l’A.C.C.A a mis le paquet. Sono, mini chapiteau, drapeaux tricolores congolais et français, groupe de musique, bouffe et boisson à gogo ont balisé l’espace de la fête, imprimant sur ce doux paysage un pittoresque tableau qui n’a pas laissé indifférent l’habituel public niçois qui vient pique-niquer sous le chant des cigales tandis que les mouettes rieuses, dans le ciel bleu du jardin des oliviers, narguent son monde.

Présence africaine

La fête congolaise a été représentative de ce que la communauté étrangère compte de nationalités : Chine, Nigéria, Gabon, Cameroun, Sénégal, Côte-d’Ivoire, Guinée et, bien entendu, France ont été de la partie. L’ACCA mobilise désormais sans problème en milieu africain. Les associations voisines ont d’autant plus tenu à rendre visite aux Congolais que leur association sait aussi renvoyer l’ascenseur. Et puis cette année, l’association a mis en branle les gros moyens au point que certains sont venus de Marseille (Elénga) pour vivre l’événement.

Afrique, jolie Afrique où résonne le tam-tam de la liberté

« Et que parlent les percussions ! » . Kibsa, artiste Burkinabé ne se l’est pas fait dire deux fois. Son groupe de percussionnistes a dû interpeller les morts qui se sont battus pour la liberté africaine. Qui oserait douter qu’ils étaient là ? Le président Thierry Mantsounga a été bien inspiré en sonorisant la fête. Les riverains, habitués à écouter le festival de jazz en juillet, ont dû avoir, si on ose dire, le souffle coupé par ce décalé programmatique. Toute l’après-midi les djembé boxés par de puissants bras africains et européens ont rompu l’habituel silence du parc niçois. Qui dit percu, dit danse. Le premier pas est esquissé par le jeune Thierry. Les autres fêtards (il n’y a que le premier pas qui coûte) ne se sont pas fait prier. Le hasard faisant bien les choses, un couple de jeunes mariés venu fêter ses noces dans le jardin de Cimiez s’est joint à la partie. Qui a dit qu’il n’y a que Mozart pour accompagner une marche nuptiale ?

Présence congolaise

Cela dit, le cinquantenaire des « niçois » s’est célébré dans une totale liberté d’action< ; Chacun, couché sur l’herbe ou assis au pied des oliviers centenaires a géré son plaisir du partage à sa guise, le farniente se juxtaposant à la fébrilité chorégraphique. Ici, on a joué aux dames, là à la belote, là-bas aux boules, plus loin ç’a parlé politique sans aller trop… loin dans la phraséologie agressive. Normal on est là pour détendre les esprits, pas pour les chauffer.

Signe d’interaction, trois anciens présidents de l’ACCA se sont retrouvés à la journée du partage : Taty Ndoumou Gabriel, Louis Ange Tchinianga et Michel Pambou (qui d’ailleurs a pris une nouvelle fonction en qualité de secrétaire aux affaires estudiantines). On a noté la présence de Ben Miyalou, Michel Okombi, Grégoire et Francine Kimbirika, Dimitri et Sévérine Sita, Jean-Pierre Milandou (Monsieur le Maire) Sylvie Baker, Lina Badila, Sylvie de Paris, Gille et Cristelle Sita, Ornela Kibaki et Lyé, etc. S’il faut parler des absents, notons qu’Il manquait à la fête, Edgard Malausséna, Séloua Gazhouane, Emery Goma Moussa, le duo musical d’Albert Kisukidi et G B dont on a remarqué le passage avec Amos Thierry Benissan, béninois et parfait locuteur lingala.

Thierry Mantsounga qui préside à l’ACCA aujourd’hui, est arrivé, après plusieurs périples, à se joindre à la fête avec Nana son épouse, Yasmina Bendjama (chargée à la culture) Brad Hamilton ainsi que Jean-Louis Van Den Hole (Afrique Azur Association). Didier Ngoma, le trésorier a assuré l’intendance avec maestria, de sorte que la notion de partage a fonctionné sans équivoque.

Fiers Congolais

Saka-saka, poulet, morue, manioc, riz, beignets, épices (éléments cardinaux de la fête congolaise) sont partagés avec générosité, chaque convive composant son menu à sa guise et à volonté. Guidé par un esprit de sobriété, les organisateurs de la fête ont privilégié les boissons non alcoolisées aux dépens des breuvages forts. Ce qui n’a rien enlevé à cette ivresse de la fête que clame l’un des vers de l’hymne national congolais en invitant le peuple à chanter le chant de la liberté : « Congolais, debout, fièrement partout, proclamons l’union de notre Nation… »

S’il manqua un discours d’ouverture du Président, il y eut cependant un discours de fermeture, il fut certes court mais suffisant et applaudi. Il fut prononcé par Louis-Ange Tchinianga.

Mais s’il fallait faire un constat, il y eut du monde…et celui-ci semblait satisfait.

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