En effet, l’article 185 alinéa 3 de la Constitution du 20 janvier 2002 dispose : « la forme républicaine, le caractère laïc de l’Etat, le nombre de mandats du Président de la République ainsi que les droits énoncés aux titres I et II ne peuvent faire l’objet de révision ».
Cette disposition interdit clairement toute révision constitutionnelle dont le but est de supprimer la limitation de mandats du Président de la République, afin de le rendre rééligible indéfiniment ou à briguer autant de mandats qu’il le souhaite.
Mais, on croirait rêver, car c’est encore le Président Dénis Sassou Nguesso qui, contre toute attente et à la surprise générale, va contester le bien fondé d’une telle disposition. En effet, dans le journal Jeune Afrique n° 2463 du 23 au 29 mars 2008, page 27, il est exactement écrit ce qui suit : « le véritable exercice démocratique exclut la limitation des mandats présidentiels, pourvu que les élections soient libres et transparentes. Le peuple est en droit de conserver un dirigeant aussi longtemps qu’il le juge bon et utile pour le pays ».
De tels propos ne peuvent être que de nature à préparer l’opinion à une prochaine remise en cause de la Constitution par celui qui ne rêve pas d’autre chose que de mourir au pouvoir pour lequel il sacrifie tout un pays.
Ces propos du Président de la République sont la preuve, qu’il est tombé dans son propre piège, après avoir fait rédiger par des juristes corrompus que nous connaissons, une Constitution sur mesure.
Au départ, il s’est très certainement dit, qu’après une transition très flexible de cinq ans,en réalité un vrai mandat, il peut quitter le pouvoir, après avoir accompli ses deux septennats, soit quatorze ans. C’est pour cette raison qu’il s’est accommodé de cette disposition de notre Constitution lorsqu’elle a été rédigée et adoptée.
Mais il se trouve que, depuis un certain temps, dans nombre de pays africains : le Tchad, le Gabon et le Cameroun pour ne citer qu’eux, la limitation du nombre de mandats du Président de la République a déjà été supprimée, ouvrant la voie à une présidence à vie.
C’est à partir de ce moment qu’il s’est mis à caresser secrètement l’idée de mourir au pouvoir. Pour preuve, comme le Camerounais Paul Biya, il refuse obstinément de signer la Charte africaine, interdisant les révisions constitutionnelles à des fins électorales. Il sait bien qu’en signant ce texte, il s’interdit de procéder aux tripatouillages de la Constitution, afin de demeurer au pouvoir.
C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ses propos tenus dans le journal Jeune Afrique. Mais ces propos peuvent laisser penser que cette Constitution nous a été imposée de l’étranger ou qu’elle nous serait tombée du ciel. A qui fait-il le reproche de la limitation du nombre de mandats du Président de la République, si ce n’est pas à lui-même ? Tout cela est très risible de sa part. Il veut simplement éviter d’être blessé par son propre couteau.
Pour revenir à ses propos, il convient de préciser que :
Rappels au Président de la République.
L’obligation qui pèse sur le Président de la République concernant le respect de la Constitution est prévue dans certains de ses articles. Ce sont :
Article 56 alinéa 1 :« il veille au respect de la Constitution et au fonctionnement régulier des institutions publiques ».
Article 69 :« je jure solennellement de respecter et de défendre la Constitution et la forme républicaine de l’Etat ».
Monsieur le Président de la République, si malgré l’article 185 alinéa 3 de la Constitution, vous décidez quand même de modifier la Constitution pour demeurer au pouvoir, sachez que vous serez coupable de parjure ou faux serment. Réviser la Constitution signifierait à ce moment que le serment que vous aviez prêté, devant la Cour suprême, n’était qu’un mensonge puant que vous avez servi au seul détenteur de la souveraineté qui est le peuple. Déjà on vous prête l’intention de vouloir repousser l’élection présidentielle de 2009 en 2011.
Dans un cas comme dans l’autre, vous aurez commis une haute trahison et vous serez justiciable de la Haute Cour de Justice.
Il appartient maintenant à la société civile, aux partis politiques et aux syndicats d’avoir une vigilance de tous les instants, afin d’éviter ce probable tripatouillage constitutionnel qui pointe à l’horizon. Il sera possible avec les syndicats du public et du privé d’engager des grèves générales illimitées, pour imposer le respect de la Constitution. Organiser des marches de protestation serait irresponsable, car en face d’un pouvoir qui n’a aucun respect pour la vie humaine, ce sera un bain de sang. On n’en a pas besoin.
Pour terminer, il faut dire, contrairement au Président Sassou, que le véritable exercice démocratique n’exclut pas la limitation des mandats présidentiels, qui est nécessaire pour garantir et assurer l’alternance au pouvoir, sans laquelle, la démocratie ne serait qu’un vain mot. Le président de la République devrait bien méditer la pensée d’un sage chinois, TCHOUANG TSEU qui disait : « qui s’accroche au pouvoir s’épuise ».
Karel FALL
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le 25mai2008
@ 18:49
Intrinsèquement, limiter un mandat, quel qu’il soit , est une atteinte à la liberté de choix qui est le fondement même de la démocratie. Si cette limitation n’avait pas cours aux USA ... on n’aurait certainement pas eu Bush et ses turpitudes impérialistes. Non seulement, cette limitation est anti-démocratique ; elle est également dangeureuse car on sait ce que l’on perd mais pas ce que l’on reçoit en échange. Entre Bush et Clinton.... le choix relevait de l’évidence. Au Congo, entre Sassou et les autres... la limitation des mandats relèverait du suicide collectif.
le 2juin2008
@ 12:20
J abonde en partie sur les propos de mwana ouenze.Mais,dire que entre SASSOU et les autres c est un suicide collectif,c est une facon de vouloir revenir au monopartisme.Le choix du peuple est tres cruciale et ce faisant il doit y avoir des candidats d ou sortira le meilleur.Sinon a la place d une Republique optant pour un Royaume.