Le blog de la rédaction

mercredi30 avril 2008

Prométhée et la fonction de répartition.

Les Dieux ont toujours l’amour de l’espèce vivante. Même s’ils ont imposé à l’homme de manger à la sueur de son front, ils ont gardé dans un coin la Divine Providence, pour lui assurer le minimum nécessaire à sa reproduction. Et, c’est à Prométhée et Épiméthée qu’ils avaient confié la fonction de répartir ce dont les espèces vivantes avaient besoin pour vivre.

Mais, voilà qu’Épiméthée s’était cru capable d’assurer seul cette fonction, et, avec une certaine insouciance, avait donné aux animaux, la rapidité, l’agilité, le courage, la force et le moyen de se protéger. Comme son nom signifie « qui voit après coup », il s’aperçut, un peu tard, qu’il ne lui resta rien à donner aux hommes. Lorsque Prométhée vint inspecter le travail de son frère, il trouva « toutes les autres races harmonieusement équipées, et l’homme nu, sans armes, sans chaussures, sans couverture ». Il décida alors de donner à l’homme le feu.

Selon ESCHYLE, sans Prométhée, « le feu flamboyant [ne serait pas] aujourd’hui aux mains des éphémères […] ; et de ce feu, ils apprendront des arts sans nombre ». C’est ce feu qui a apporté la civilisation à l’homme.

De ce récit mythique se déclinent deux idées essentielles, qui pourraient illuminer la conduite des affaires des hommes dans nos sociétés : la rigueur et la justice dans la répartition, et la maîtrise des sciences et des technologies. Mais pour ce mercredi, intéressons-nous à la répartition.

Si les uns sont pourvus et les autres nus, comme c’est actuellement le cas, un peu partout, sous la voûte du ciel, c’est que certainement, la main, visible, chargée de distribuer la manne de la corne d’abondance a des préférences stratifiées, si elle n’est pas débordée par quelques autres mains vautours.

Pourtant, la divine répartition, qui devrait servir d’exemple, sinon de modèle économique, nous apprend que la manne était également répartie, et, quelle que soit la portion reçue, on en avait toujours assez ; et tout le monde était content.

Mais les sociétés dites modernes ont très vite fait d’oublier cette forme d’optimisation de la répartition de la richesse nationale. Et, voilà que dans le silence, s’élève ici et là, l’immense cri d’un tsunami silencieux, qui menacent 100 millions d’hommes. Et les politiques manquent de prospective.

L’une des conséquences de cette redistribution de la richesse nationale à la carte, est la montée en puissance du mécontentement, dont l’un des aboutissements inéluctables est la division du pays : les uns sont pourvus et repus, et les autres nus et affamés. Or, il est dit « qu’un royaume divisé contre lui-même est dévasté ; une ville ou une maison divisée contre elle-même ne peut subsister ».

Que faire alors ?

Moraliser la vie politique ; moraliser la gestion économique.

Au fond, l’un des problèmes qui se posent à l’économie de certaines sociétés est le rapport à l’autre, l’autre actuel et l’autre futur. Tel qu’elle a fonctionné, elle a permis certes la création des richesses ; elle a hissé ces sociétés et des individus à des hauts niveaux de prospérité et de bonheur. Mais pris collectivement, les communautés vivent des disparités tellement énormes, des écarts tellement importants du point de vue diachronique, que l’on est en droit de (re)questionner les pratiques politiques et économiques. L’éthique dans la vie politique et dans la gestion économique, ne serait-elle pas une réponse ?

Commentaires

  1. Par Ya Sanza
    le 1ermai2008
    @ 10:50

    Prométhée, le créateur de la race humaine, que certains considèrent comme faisant partie des sept Titans, était le fils de Japet (ou du Titan Eurymédon) et de la Nymphe Clyméné ; ses frères étaient Epiméthée, Atlas et Ménoetios.

    Prométhée, qui était plus avisé qu’Atlas, avait prévu l’issue de la révolte contre Cronos et, par conséquent, préféra combattre aux côtés de Zeus ; il persuada Epiméthée de faire de même. Il était, à la vérité, le plus avisé de sa race, et Athéna, à la naissance de laquelle il avait assisté lorsqu’elle avait jailli de la tête de Zeus, lui enseigna l’architecture, l’astronomie, les mathématiques, la navigation, la médecine, la métallurgie et bien d’autres arts utiles qu’il communiqua aux hommes.

    Mais Zeus, qui avait décidé d’exterminer totalement la race des hommes, et qui ne l’avait épargnée que sur l’intervention expresse de Prométhée, s’irrita de leurs talents divers et aussi de voir leurs pouvoirs s’accroître sans cesse.

    Un jour, une querelle éclata à Sycione, au sujet d’un taureau offert en sacrifice : personne n’était d’accord sur les morceaux qui devaient être consacrés aux dieux et ceux qui revenaient aux hommes.

    Prométhée, appelé pour être l’arbitre du conflit, dépeça et découpa un taureau et avec la peau il fit deux sacs qu’il remplit de ce qu’il avait découpé. Le premier sac contenait toute la chair, mais il la dissimula sous l’estomac, qui est la partie la moins appétissante de l’animal, le second contenait les os cachés sous une onctueuse couche de graisse blanche. Lorsqu’il demanda à Zeus de choisir celui-ci, facilement trompé, choisit le sac contenant les os et la graisse qui fut désormais la part réservée aux dieux ; mais Zeus punit Prométhée en retirant le feu aux hommes.
    Prométhée se rendit aussitôt chez Athéna et la pria de le faire entrer secrètement dans l’Olympe, ce qu’elle lui accorda. Aussitôt qu’il y fut parvenu, il alluma une torche au char de feu du Soleil et il en détacha un morceau de braise incandescente qu’il glissa dans la tige creuse d’un fenouil géant. Puis, éteignant sa torche, il s’enfuit sans être aperçu et donna le feu aux hommes. Zeus jura de se venger. Il donna l’ordre à Héphaïstos de fabriquer une femme en argile, aux quatre Vents d’insuffler la vie en elle, à toutes les déesses de l’Olympe de la parer.

    Pandora d’après Boris Vallejo Cette femme, Pandore, la plus belle qui fût jamais créée, Zeus l’envoya en présent à Epiméthée, sous l’escorte d’Hermès. Mais Epiméthée, qui avait été prévenu par son frère de n’accepter aucun cadeau venant de Zeus, s’excusa respectueusement et refusa son présent. De plus en plus irrité, Zeus fit enchaîner Prométhée, nu, à une colonne dans les montagnes du Caucase où un vautour vorace lui dévorait le foie toute la journée. Et il n’y avait pas de terme à sa souffrance, car toutes les nuits son foie se reconstituait. Mais Zeus pour s’excuser de sa cruauté, fit circuler une histoire qu’il avait inventée : Athéna, racontait-il, avait fait monter Prométhée dans l’Olympe à cause d’une secrète aventure amoureuse.

    Epiméthée, très ému du sort de son frère, s’empressa d’épouser Pandore, que Zeus avait faite aussi sotte, aussi méchante et aussi paresseuse qu’il l’avait faite belle. Peu après, elle ouvrit une jarre, que Prométhée avait recommandé à son frère de tenir close et dans laquelle il avait eu le plus grand mal à enfermer tous les maux capables d’affliger le genre humain : notamment la vieillesse, le travail, la maladie, la folie, le vice et la passion. Tous les maux se répandirent au-dehors en une immense nuée et piquèrent Epiméthée et Pandore sur toutes les parties du corps puis s’attaquèrent aux mortels. Cependant la trompeuse Espérance, que Prométhée avait aussi enfermée dans la jarre, les dissuada, par ses mensonges, d’un suicide général. Un jour, Héraclès atteignit les montagnes du Caucase où Prométhée avait été enchaîné tandis qu’un griffon-vautour, né de Typhon et d’Echidna, lui arrachait le foie.

    Zeus s’était repenti de lui avoir infligé ce châtiment, car Prométhée l’avait, depuis, averti amicalement de ne pas épouser Thétis, de crainte qu’elle n’engendre quelqu’un qui serait plus puissant que lui, et, à présent qu’Héraclès intercédait pour le pardon de Prométhée, Zeus l’accorda.
    Cependant, comme il l’avait un jour condamné à un châtiment éternel, Zeus stipula que pour donner l’impression d’être toujours prisonnier, il devrait porter une bague faite du métal de ses chaînes et sertie d’une pierre du Caucase, et ce fut la première bague sertie d’une pierre.

    Mais les souffrances de Prométhée devaient durer jusqu’au jour où un immortel descendrait de son plein gré au Tartare, à sa place ; aussi Héraclès rappela-t-il à Zeus qu’il tardait à Chiron de se libérer de son don d’immortalité depuis qu’il souffrait d’une blessure incurable.

    Ainsi n’y avait-il plus d’obstacle et Héraclès, invoquant Apollon abattit le griffon vautour d’une flèche au cœur et délivra Prométhée.

  2. Par Citoyen
    le 31mai2008
    @ 13:51

    "Cependant la trompeuse Espérance, que Prométhée avait aussi enfermée dans la jarre, les dissuada, par ses mensonges, d’un suicide général."

    Je cherchais le lien de ce mythe avec le régime de Sassou. Il est là. Pour avoir intilulé "NOUVELLE ESPERANCE" sa pratique politique, on aurait dit que Sassou sort droit du monde immonde des dieux grècs, fondé sur la cruauté, le viol, la violence, le vol, l’inceste. Bref , tout ce dont Dieu se sert pour rendre le monde insuportable à l’Être humain, jusqu’à l’heure de délivrance par l’Appolon qui mettra le griffon-vautour de Mpila/Oyo hors d’état de nuire.

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