On assiste au Congo à une tendance croissante chez certaines personnes à faire systématiquement précéder leur nom de leur titre universitaire. Mon ami Tony, pousse un cri d’indignation contre je cite "Nos compatriotes médecins, ingénieurs ou enseignants d’université qui, sans avoir rempli les conditions exigées, prennent le grade de professeur ou trouvent du plaisir à se faire ainsi appeler".
Et mon ami Tony a sans doute raison de vouloir savoir ce qu’est un professeur et qui mérite cette appellation.
Sur le plan de la langue, les dictionnaires nous apprennent qu’un professeur est une personne qui enseigne une matière, une discipline précise. Ce titre s’applique donc aussi bien aux enseignants du secondaire qu’à ceux du supérieur puisqu’ils sont spécialisés dans une discipline donnée. Il ne s’applique pas aux enseignants du primaire qui enseignent toutes les disciplines.
Notons que dans un pays comme le Québec cette distinction n’existe pas. Tous les enseignants du préscolaire à l’Université sont considérés comme des professeurs.
Venons-en au cas particulier où le mot professeur correspond non pas tellement à une fonction, mais à une grade. C’est le titre le plus élevé parmi les enseignants de l’Université.
Normalement, un professeur est titulaire d’une chaire. A l’origine, pour accéder au grade de professeur, il fallait attendre que le titulaire de la chaire convoitée la quitte, soit en partant à la retraite, soit en démissionnant, soit en étant révoqué, soit encore en mourant. A moins de bénéficier de la création d’une nouvelle chaire. Mais, il existe maintenant des professuers sans chaire.
L’accession au grade de professeur est rendue difficille par la necéssité de remplir de mombreuses conditions parmi lequelles la possession d’un doctorat d’Etat ou depuis quelques années d’un doctorat unique.
En médecine par exemple, il faut être spécialiste et, en plus être reçu à l’agrégation. C’est la même chose en droit.
Il s’agit là des pratiques du système français dont nous sommes, nous Congolais, largement tributaires. Les habitudes varient en effet selon les pays.
La vanité fait partie de la nature humaine et certaines personnes ont besoin de titres ronflants pour s’affirmer. Ce n’est pas la peine de s’en irriter, mieux vaut en sourire.
Pour nous, qui ne jugeons pas les gens en fonction de leurs titres. Que vous soyez écolier, avocat, médecin, ingénieur, professeur... Nous acceuillerons votre courrier, vos suggestions, vos critiques avec le même plaisir et nous les exploiterons avec le même sérieux.

